orientations budgétaires 2011.

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Mon intervention au conseil municipal dans le cadre du débat d'orientations budgétaires :

"J’ai peur que mon cocktail soit moins pétillant que celui de mon collègue Rainfray. Mais je vais le rejoindre au moins sur un point. Je suis très déçu du document présenté, qui ne parle que de généralités nationales et ne fournit aucun détail sur vos choix de dépenses. Vous nous aviez habitués à beaucoup mieux. Beaucoup plus transparent. Là on va devoir attendre le budget pour satisfaire notre soif de chiffres. Je suis désolé d’avoir été absent en commission, mais je ne vois pas sur cette base, quelle question j’aurais pu poser.

Mais une fois encore, nous ne ferons pas une critique en forme de rejet global de vos orientations présentées ce jour.

Au contraire, il faut reconnaître que dans un contexte troublé, vous avez à cœur de « préserver l’avenir »

« préserver l’avenir » car les orientations que vous nous proposez ne font pas outrageusement appel à l’endettement et vous avez su tirer profit  des opportunités de taux. L’épargne brute est bonne

Vous êtes prudent sur « l’effet THalés » et vous avez raison car même si cette entreprise est remplacée, l’effet CFE (cotisations foncières des entreprises) sera différé.

J’apprécie également que vous soyez prudent quant à l’anticipation de l’évolution des subventions de l’Etat et notamment le FSRIF. Je passe sur la diatribe politicienne, bien naturelle en année pré-électorale,  mais, au-delà des excès verbaux, votre document ne commet pas l’erreur d’anticiper la reconduction de transferts lesquels, au mieux, représenteront une « divine surprise » ; et au pire  vous permettront de stigmatiser un peu plus l’inconsistance d’une politique de décentralisation des charges sans transfert des ressources.

Mais, sérieusement, accorder tant de place au désengagement de l’Etat c’est rejeter sur les autres la responsabilité de décisions impopulaires. Et l’incurie de l’Etat qui s’est endetté sans compter ne vous exonère pas d’un travail de réflexion sur les dépenses et les recettes de Colombes.

Et je note dans vos propres prévisions que la disparition de la TP se solde par une amélioration de +25 % des recettes fiscales venant des  entreprises. Soit + 6 M € ce qui compense très largement les conséquences du départ de Thalés

Enfin, l’évolution des recettes locales est également assez satisfaisante puisque vous n’abusez pas des recettes de poche (les droits de mutation par exemple – même si 2010 a été une bonne surprise) et que vous avez le courage d’une fiscalité « dynamique » (en clair vous augmentez les impôts) même si cela vous en coûte quelque reniement de promesses électorales hâtives.

 

A l’inverse, côté dépense, je suis dubitatif.

Vous avez le courage d’augmenter fortement les impôts. Vous jouez sur les mots en nous disant que vous ne changez pas les taux. Ce qui est important c’est pas le taux, c’est ce qu’on paye. Et il suffit de lire votre document pour voir qu’on passe de 56 M à 64 M de  recettes fiscales d’origine des ménages. Mais pour quoi faire ?.

Les priorités que vous avez affichées en début de mandat, et qui ont mis un peu de temps à se traduire dans des choix budgétaires clairs, on n’en parle plus : faire de Colombes une ville plus solidaire, plus écologiques, plus démocratique. Tout ceci a disparu. C’est fini ? c’est fait ?

Il me semble qu’il reste beaucoup à faire. En effet, il y a eu des progrès indéniable sur le caractère écologique des nouvelles constructions, sur la démocratie locales ou sur l’attention portée aux plus faibles.

Mais je ferais deux critiques majeures

1-    Les faits contredisent malheureusement parfois les priorités affichées. Sans polémiquer, il est bien de parle de démocratie participative ; il est encore mieux de ne pas railler tel ou tel conseiller municipal de manière provocatrice et systématique.

De même,  nous avons été déçu du résultat du plan de déplacement, qui est beaucoup moins révolutionnaire (et donc écologique) que la première mouture

Enfin au-delà des aspects urbanistiques financés par l’ANRU, je ne suis pas certain que la vie dans les quartiers nord se soit véritablement améliorée sous votre règne… mais nous verrons en 2014

 

2-    Deuxième critique : vous ne vous donnez pas les moyens d’une politique plus ambitieuse parce que vous restez figé dans le carcan (un brin électoraliste) d’un schéma budgétaire du siècle dernier :

a.     Les dépenses de personnel continuent d’augmenter plus vite que la moyenne des dépenses. Je rappelle qu’elles représentent plus de la moitié des dépenses de fonctionnement. Tant qu’on ne s’attaquera pas à cette question on ne dégagera pas de marge sauf à augmenter fortement la fiscalité locale, et comme vous le souligniez, la réforme de la Taxe Professionnelle fait désormais des impôts fonciers la principale source de revenu de la ville. Ceci à l’avantage de la transparence vis-à-vis des ménages !

b.     La priorisation des dépenses ne semble pas avoir avancée : on continue de faire globalement un peu comme l’année précédente. En réponse à mon intervention de l’an dernier sur le DOB 2010, vous annonciez, M. Lobry, une redéfinition des missions de la ville. Une réflexion que, fort justement, vous liiez avec l’évolution de nos moyens budgétaires. Cet exercice a-t-il eu lieu ? ses conclusions ont –elles été enterrées ? en tous cas on n’en trouve pas trace dans le DOB 2011

c.      Vous continuez a financer des préemptions en grands nombres. Bien sur elles sont nécessaires pour modeler progressivement la commune et bien sur des opportunités ne doivent pas être écartées. Mais les volumes concernés sont-ils raisonnables au regard des besoins par ailleurs. Ou est la réflexion globale sur le patrimoine communal que vous nous annoncez régulièrement ?

d.     Enfin les investissements. Vous en faite « la grande priorité ». mais vous mélangez dans votre présentation des choses déjà votées, des choses en cours de réalisation, des projets pour 2014 … et ça n’est pas lisible. Ou est la priorité aux écoles ? vous nous l’annoncez, mais elle ne se lit pas dans votre document : 5 M € sur 35, soit 15 %.  Mais vous nous l’avez dit, c’est pour demain !

Je reste dubitatif sur la capacité des services à gérer 40M par an d’investissements. Je note d’ailleurs que maintenant on parle de 35 M ! Je vous offre la possibilité de me dire une fois de plus que cela fut le cas en 2010. Nous verrons lors de l’examen du compte administratif ce qu’il en est réellement.

 

En conclusion, nous pensons que seule une remise à plat de toutes nos dépenses, sans tabou, permettra de financer de vraies priorités pour Colombes que sont

-         La réduction de la fracture nord-sud

-         La réhabilitation des services publics locaux

-         L’attractivité de Colombes pour créer des emplois dans notre ville

-         L’accompagnement des changements énormes sinon brutaux qui se font jour : arrivée du  Tramway, projet sur le site d’Yves du Manoir, grand Paris

Voila ce que nous aurions aimé trouver dans votre document d’orientation budgétaire. Hélas, vous semblez engluez dans le quotidien. On reste sur sa faim, ce qui présente un intérêt à très court terme, c’est qu’on ne se sentira pas obligé de voter ce budget".

 

Publié dans Conseils municipaux

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V
<br /> <br /> c'est un article qui informe des prévisions budgétaires au final, floues de la mairie de Colombes, peut étre que le dossier n'est pas aboutie ou finalisé, je ne sais mais cela aurau au moins le<br /> fait d'information, merci de cela, et il est vrai que les impots ont bien augmentés<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> J'ai adoré le ton... professoral (chassez le naturel...) de certains édiles vous enjoignant de dire s'il fallait licencier des employés municipaux lorsque vous avez indiqué que près de 60<br /> % (SOIXANTE POUR CENT) du budget municipal était englouti dans la masse salariale, là où vous ne réclamiez que la possibilité d'avoir des "marges de manoeuvre supplémentaires"...<br /> <br /> <br /> Concrètement pour celles et ceux qui n'y entendent rien aux chiffres ça veut dire qu'il ne reste que 40 % du budget pour prendre en charge tout le reste... dont l'augmentation SCANDALEUSE et<br /> INDECENTE de + 50 % du budget de l'association les Zuluberlus qui va passer de 50 000 € à 100 000 € et ce, pour organiser des concerts pour les Djeûns !<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> Encore une fois une analyse très fine de ce dob qui aurait mérité, de la part de la majorité, un travail plus sérieux ... mais voilà, Sarre en a enfin fini avec les derniers directeurs du mandat<br /> précédent, et particulier aux finances ... nous entrons dans la période électorale, il n'y a pas de doutes !<br /> <br /> <br />
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