conseil municipal du 5 février : DOB ou Daube ?

Publié le par laurent Trupin

Voici le texte de mon intervention au nom du Groupe MODEM dans le "débat d'orientations budgétaires"

Un débat d’orientation budgétaire peut être, au choix, l’occasion d’une vraie discussion, dépassionnée et constructive sur les priorités pour notre ville, ou l’expression stérile d’idées toutes faites et de décisions déjà prises.

Le document que vous nous avez présenté hésite entre les deux. M. Lobry en est conscient puisqu’il vient de présenter un « power point » beaucoup plus intéressant !

1-      D’un côté, vous exprimez des présupposés qui nous conviennent parfaitement :

-          « la nécessité impérieuse d’un budget rigoureux ». en effet, ce n’est pas en période d’incertitude qu’il faut se lancer dans des dépenses ou alourdir notre endettement

-          « des recettes fiscales atones ». Clairement, je suis ravi que vous l’écriviez, tant les dotations de l’Etat que les recettes propres vont souffrir : le ralentissement immobilier  va fortement réduire les droits de mutation et ce dès 2009 ; la collecte de la taxe d’habitation et de la taxe professionnelle sera d’autant plus dur que les contribuables souffrent…

-          « des dépenses incompressibles en hausse » notamment par application des coefficients de revalorisation calculés sur la base de l’inflation 2008, qui était forte,notamment celle des produits alimentaires et de l’énergie

 

2-      Mais au-delà de ce constat sain que nous partageons, vous tombez dans trois pièges :

 

-          Le piège de la vindicte idéologique : des phrases telles que « la crise qui a débuté à l’été 2007 et qui est devenue depuis lors une crise économique et sociale majeure est celle d’un capitalisme financier sans borne, d’un libéralisme qui aggrave les inégalités et voue une confiance aveugle en la capacité de régulation des marchés » reflètent-elles votre pensée ou sont elles des incantations à la cohésion de la majorité municipale ? Je ne vous ferai pas l’affront de rappeler que les subprime ont été inventés par des organismes contrôlés par l’Etat Américain, sous une administration CLINTON « de gauche »  ( ?) pour permettre l’accession à la propriété des plus démunis. OU que cette crise arrive dans l’un des secteurs les plus régulés de l’économie : le secteur bancaire !

 

-          Le piège de la noyade dans le détail : je sais qu’elle vous tient à cœur, mais le remplacement des fenêtres de l’école Tour d’Auvergne est-il vraiment à inscrire dans un débat d’orientation budgétaire ? Pour sur, on ne vous reprochera pas de n’avoir pas fait concret, mais à consacrer autant de ligne au projet de ZAC de la Marine, structurant, exemplaire et donc  légitimement couteux qu’à la suppression de la cérémonie des vœux aux personnalités, anecdotique s’il en est, on perd le sens des priorités. Au-delà des mots  « faire de Colombes une ville plus solidaire, plus écologique, plus démocratique », on a du mal à hiérarchiser vos projets. Comme si on avait préféré un catalogue. Nous ne sommes plus en campagne, vous êtes élu, inutile de nous refaire un programme électoral qui caresse tout le monde dans le sens du poil ! Passez des promesses aux choix, aux décisions ! je prendrai un dernier exemple de non choix qui frise l’inconscience : comment peut-on après le tableau que vous brossez de la situation économique générale, avoir comme objectif de ne pas augmenter la dette ET de baisser les impôts ET d’augmenter la masse salariale de la ville ? LA aussi, M. Lobry a dit « des choix vont être faits ». On a eu une liste de projets. Qu’est-ce qui va être abandonné ?

 

-          Enfin le piège du flou artistique. Parce que, paradoxalement, mais on finit par se demander si ceci n’est pas voulu, malgré l’avalanche de projets, de chiffres et de vœux, on ne trouve pas dans ce document les éléments essentiels qui auraient pu nourrir une réflexion commune : quelles sont les grandes masses de dépenses par secteurs ? quelles sont au sein de ces grandes masses les dépenses incompressibles et  celles qui font l’objet de débat (si on veut donner la priorité, encore faut-il savoir de quelles marges de manœuvre on dispose et de quoi on parle). Ce n’est qu’un exemple, il est à la fois extrême et révélateur, mais le montant du budget de la ville n’apparaît pas dans le document d’orientation budgétaire !!

 

 

3-      Quelles seraient nos priorités ?

 

a.                  Une vraie gestion budgétaire, ce qui passe par une remise à plat des dépenses de la ville, y compris les dépenses de personnel, et un examen au cas par cas, sans tabou, de leur utilité sociale. Il faut être en mesure de recréer des marges de manœuvre, ou pour le moins – même si on ne les utilise pas- de savoir ou elles sont le jour ou on en aura besoin.
La réduction budgétaire ne peut être un objectif en soi. Elle n’est que la conséquence d’une réflexion fondée sur la responsabilité et la rationalisation. Je propose, compte tenu du caractère exceptionnel de la crise, que l’ensemble des forces politiques du conseil municipal, ensemble, nous élaborions une stratégie de défense. Parce qu’il faut tout revoir, tout repenser, tout réexaminer : quels sont les services que nous devons à nos administrés, à nos publics, aux contribuables, aux plus fragiles ? Tout cela doit être débattu tous ensemble. Je propose une Union Sacrée pour répondre à ces questions qui doivent être au cœur de notre envie de présenter une gestion responsable et rationnelle de notre ville.
Je pense qu’il est démagogique de baisser les impôts dans cette situation.  Personne ne sera dupe, c’est « reculer pour mieux sauter ». D’ailleurs, dés maintenant l’ambiguïté s’installe : vous nous dites « rendre 350.000 euros de pouvoir d’achat aux ménages colombiens »  mais vous vous félicitez de ce que le Parlement ait voté une hausse de 2.5 % des bases de la Taxe d’Habitation. S’il s’agit de baisser les taux en augmentant les bases, l’affaire fera long feu car les Colombiens verront bien que ce qu’ils paient restera identique.

 

b.      Rendre Colombes plus attractive serait la ligne directrice d’une politique volontariste.

Cette approche est essentielle, car, ne nous trompons pas : Colombes est au cœur d’un bassin concurrentiel féroce et notre ville n’est pas la mieux armée pour attirer les ressources qui vont se faire de plus en plus rares. L’agenda 21, par exemple, installé à grands fracas de com, ne peut être travaillé qu’à l’aune de la nouvelle situation. On ne peut plus faire comme si de rien n’était ! Rien ne sera plus comme avant. Il va falloir s’adapter et innover et pas appliquer bêtement son programme.

Vous réunissez les maires de la boucle nord de la Seine. Très bien. Nous sommes pour. Mais, les circonstances empêcheront tout accord pour une illusoire communauté d’agglomération, tant les enjeux du contrôle de la TP vont devenir cruciaux, vitaux. Abandonnez tout idée, dans l’immédiat, de créer une nouvelle administration communautaire pour lui préférer des projets intercommunaux à géométrie variable répondant au plus près aux besoins de nos population. Une nouvelle médiathèque sur les Terrains de la Marine ? Et Nanterre ? Et Bezons ? Il va falloir ouvrir son champ de vision pour embrasser plus grand.

Ne parlons plus du stade Yves-du-Manoir. Colombes a perdu gros. Comme tous les Colombiens, je suis très déçu. J’ose espérer que vous avez vraiment fait tout ce que vous pouviez pour que ce projet se fasse chez nous.

 

Une nouvelle approche sur l’attractivité se décline en deux faces :

 

                                                               i.      Attractivité pour les personnes
Résorber la fracture entre les deux Colombes ne se fera pas tout seul. L’arrivée du T2 offre une occasion exceptionnelle de revaloriser tout une partie de Colombes… à condition qu’on sache offrir aux nouveaux habitants : des places en crèche, des parkings, de la sécurité… pour ne citer que ce qui fait le plus défaut.  La grande zone pavillonnaire est l’un des atouts majeurs de Colombes. Il est urgent de clarifier les grands projets urbanistiques et les règles du jeu à travers le Plan Local d’Urbanisme

 

                                                             ii.      Attractivité pour les entreprises
Les premières préoccupations des employeurs sont une fiscalité maîtrisée et une facilité de desserte en transports en commun et en transports individuels. La commune doit avancer sur le dossier du Tramway T1, sur la desserte par autobus des zones d’activité… C’est absolument nécessaire pour développer l’emploi à Colombes. La solution ne viendra pas toute seule de l’aménagement du boulevard Charles de Gaulle


Publié dans Conseils municipaux

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C
Et pendant la réunion du CM, M. Sarkozy lâchait sa bombe : suppression de la taxe professionnelle à l'horizon 2010. Cela fait un paramètre de plus dont il faudra tenir compte l'an prochain ; d'où la nécessité - comme tu le proposes d'avoir, dès à présent - des "marges de manoeuvre". A bien sûr, moins qu'il ne soit possible de bidouiller les machines à voter pour les transformer en planches à billets !
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