la "ville" sert-elle à quelque chose en banlieue parisienne ?

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Devant une cinquantaine de personnes, le MODEM de Colombes a inauguré son cycle de conférences débats avec le thème de « la ville », traité par Jean François STOLL, Trésorier Payeur Général de Seine-Saint-Denis

 

L’orateur, fin connaisseur de la politique de la ville et des orientations prises par les collectivités locales de son département, a fait œuvre de « parler vrai » !

 

Après avoir posé le problème en essayant de définir la notion de ville (« ce n’est pas le centre contre la périphérie », « de quelle ville parle-t-on ?  « de la ville nouvelle au grand Paris», JF STOLL a insisté sur deux points :

 

1-      nous avons un devoir de « reconstruction » : l’espace urbain a été « bétonné à la hâte dans les années d’après guerre », il faut se le réapproprier. C’est le sens de la « politique de la ville », sur laquelle le Gouvernement précédent a investi près de 30 milliards d’euros sur cinq ans, concentrés sur 150 zones urbaines sensibles (ZUS) sur les 750 que compte la France. Deux Millions de personnes sont potentiellement bénéficiaires des 400.000 logements qui seront réhabilités (en plus des 200.000 détruits et des 200.000 construits). Cette politique est difficile à mettre en œuvre parce que les opérations sont lourdes et que les élus n’ont pas toujours les moyens techniques leur permettant de la suivre et ils la vivent parfois comme une dépossession. Elle prend donc du retard, mais les financements et les outils sont là et, in fine, elle est victime de son succès. Attention toutefois de ne pas faire dépendre toutes les politiques de la rénovation urbaine : les  transports, l’éducation, la présence des services publics… participent également au projet de rénovation, ils y sont liés,  doivent faire l’objet d’attentions particulières, car la rénovation ne peut être portée uniquement par l’urbanisme

 

2-      la ville ne se conçoit pas sans développement économique. Or, non seulement les villes se font concurrence, mais on est parfois confronté au « nationalisme local » : les élus – par électoralisme- donne la priorité au micro-sujet qui n’intéresse qu’une commune, voire qu’un quartier, plutôt qu’au sujet transverse qu’ils ne se sont pas appropriés. C’est « la piste cyclable » avant « Charles de Gaulle express » !

 

Un développement économique harmonieux et attractif passe par l’intercommunalité : même si les communes de région parisienne sont suffisamment grandes pour être autonomes, elles sont plus fortes ensemble si elles ont de vrais projets en commun. Les arguments comme « on fait déjà beaucoup ensemble » ou « ça va nous coûter une super-structure de plus » ne sont pas bons. Le Schéma directeur d’Ile de France est un bon exemple d’un lourd travail de projection dans l’avenir d’un espace de 15 millions d’habitants, que les élus locaux  se sont hélas faiblement (pas) appropriés ! Quelles sont les deux ou trois priorités que chaque groupe de communes se fixent ?

 

Un co-développement réussi passe par une forte volonté de « faire ensemble » au delà des barrières administratives et politiques et de la mise en avant « d’emblèmes » : le stade de France, dont la présence « irrigue » les communes environnantes, le Lycée international, le Musée de l’air… en sont quelques exemples dans le 93 !

 

En conclusion, J F STOLL a souligné trois nécessités :

1-      densifier : sinon on « étale comme de la confiture » l’habitat et les emplois, et on accentue les nuisances et les contraintes ; il faut « polariser » les centres de développement (ex Plaine Commune) pour justifier les équipements  publics

2-      « libérer de la place dans le social pur » : par une politique courageuse de gestion des parcs HLM, faire glisser dans l’accession ou dans le secteur privé des locataires qui ne remplissent plus les conditions d’octroi ;

3-      faire d’une démographie forte et de la diversité humaine et culturelle des points forts du développement, car « à la fin du fin il ne reste que les hommes » !

 

 

Il s’en est suivi un intéressant dialogue avec la salle, élus et citoyens apportant leurs contributions au débat.

 

Bref, beaucoup d’idées ont été agitées ce soir… à nous maintenant de les ordonner au bénéfice des Colombiens.

Si vous voulez être tenus au courant des prochaines manifestations, laissez moi un message.

Publié dans Ville de Colombes

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L
Bigre ! <br /> <br /> On continue de parler beaucoup de vous sur les blogs de la ville en ce moment et notamment : <br /> <br /> http://mauricelobry.blogs.com/maurice_lobry_a_gauche_po/2007/10/sondage.html#comments
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A
Merci, Monsieur Trupin, pour ces réflexions d'aménageurs avisés.<br /> <br /> A propos de la politique de la ville, que pensez-vous de l'idée de repenser l'échelle d'implantation du logement social en France, autrement dit, de répartir le logement social sur toutes les villes, de Grigny jusqu'à Neuilly-sur-Seine compris...
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